Albertville

jeudi 25.12.2014, 14:00

La famille Spronk s'engage pour les autres

La famille Spronk au grand complet et un peu élargie: Suzanne, la maman de 50 ans, Pascal l'aîné de 18 ans, Wayne, le père de 50 ans et sur le devant Hosanna (11 ans), Naomi (15 ans, la fille d'une amie), Emmanuelle (15 ans) et André (13 ans). La famille Spronk au grand complet et un peu élargie: Suzanne, la maman de 50 ans, Pascal l'aîné de 18 ans, Wayne, le père de 50 ans et sur le devant Hosanna (11 ans), Naomi (15 ans, la fille d'une amie), Emmanuelle (15 ans) et André (13 ans).

La famille Spronk est originaire des États-Unis et loge depuis la fin du mois d'août au centre chrétien d'enseignement du français à Albertville.

Pendant toute l'année scolaire, les parents et deux de leurs quatre enfants vont apprendre la langue de Molière avant de s'envoler pour le Mali. Wayne, le père est travailleur international (on ne dit plus missionnaire), il est médecin et travaillera dans un hôpital international à Koutiala dans le sud du pays.

Vivre sa religion dans l'action
Ce père de famille de 50 ans est croyant, comme 99 % des élèves du centre albertvillois. Mais, si son action au Mali s'inscrit dans un cadre religieux (l'hôpital où il va intervenir est financé par l'Alliance, l'église protestante du couple), le rôle de Wayne est de soigner les gens, non pas de faire de prosélytisme. Son épouse, Suzanne, elle ne sait pas encore ce qu'elle fera quand elle sera là-bas. Elle a déjà la charge de l'éducation de ses enfants dont elle assure l'enseignement scolaire.
Emmener toute la famille loin de New York pour vivre pendant trois ans au Mali ne leur fait pas peur. Déjà leur fille de 15 ans Emmanuelle est partie avec eux deux fois huit mois au Gabon et est d'accord pour retourner en Afrique. Chez ce couple, faire comprendre à ses enfants que tout le monde n'a pas leur chance est presqu'un principe éducatif. « Je crois qu'ils comprennent que dans la vie, on ne doit pas toujours être égoïste, on doit donner aux autres. C'est notre but d'enseigner aux enfants que la vie est aussi destinée à aider les autres. C'est un peu idéaliste. C'est une formation pour eux. Ce n'est pas tout le monde qui peut aller en France », confie Wayne.
Même si parfois, c'est un peu difficile. Surtout de laisser les amis et la famille, notamment dans ces périodes de fêtes de fin d'année.
Heureusement, Suzanne a une grande famille dont une partie est originaire des Pays-Bas. Alors pour Noël, la petite tribu ira là-bas passer la semaine du réveillon avec des cousin, cousine et tante à défaut de retourner aux États-Unis.

Toujours prêts au départ
La famille Spronk est un peu une famille de globe-trotters. Suzanne est canadienne. Elle a passé une année en France, il y a 25 ans. Et Wayne s'est, de longue date, intéressé à la médecine tropicale, préférant partager un cabinet avec d'autres médecins pour pouvoir partir en mission à l'étranger jusqu'à choisir de travailler dans un hôpital avant de partir pour le Gabon. Maintenant, leur projet, c'est le Mali, un hôpital pour femmes et enfants.
« Il y a beaucoup plus de médecin aux USA qu'au Mali. Si vous vivez au Mali que vous vous cassez la hanche, peut-être vous aurez de l'aspirine », ironise Wayne quand on lui demande pourquoi il veut exercer à l'étranger. Ce n'est pas l'État qui peut proposer le soin médical pour tout le monde, là-bas ». Mais, son engagement est plus profond que cela. C'est son épouse qui le dit le mieux : « Je trouve qu'en travaillant comme cela, on trouve un sens à sa vie ». Plutôt que d'être égoïste et de faire les choses pour son propre plaisir, Wayne veut « partager avec les autres ». C'est une révélation qu'il a eue quand il avait 20 ans. Il cherchait une raison de vivre. Et pour lui, rien de ce qui existe sur cette terre n'est pas un don de Dieu. D'où cette envie de partager ce cadeau.

Des sacrifices qui n'en sont pas
Même si pour partir au Mali et être médecin dans cet hôpital, Wayne et sa famille ont dû faire des sacrifices. Car, s'il n'a pas dû comme certains travailleurs internationaux trouver le financement de son salaire, ce dernier est forcément moins élevé que celui auquel il prétendait en Amérique. Mais, il ne s'en plaint pas. Il est bien conscient de faire partie des privilégiés. « C'est une grande opportunité d'aller au Mali pour nous. C'est un choix. Normalement, les gens n'ont pas le choix. Vous avez le médecin que vous avez. Combien d'enfants meurent avant leur 5e anniversaire ? Combien de femmes meurent en couches ? », point du doigt l'atypique médecin généraliste.
Ils partent pour 3 ans, peut-être plus. Tout dépendra de la situation du pays, même s'ils vont dans une zone relativement calme et épargnée par les conflits, proche du Burkina Faso. Vraisemblablement, la famille prendra l'avion directement depuis la France début juillet 2015. Quand ils ont quitté les États-Unis au mois d'août, ils ont préparé leurs affaires pour le Mali en même temps que celles destinées à Albertville. «  Une trentaine de valises pour six », rigole Wayne. Sans oublier, ajoute Suzanne, « le sirop d'érable ».
Les voilà même parés pour le mal du pays.

VIRGINIE PASCASE

Journal La Savoie
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