Albertville

jeudi 08.01.2015, 14:00

Cédric Braconnier, l'homme-oiseau

Cédric Braconnier a commencé par le parachutisme et enchaîné avec de nombreuses disciplines relatives au vol libre... Naturellement, il a testé le saut à l'élastique! Cédric Braconnier a commencé par le parachutisme et enchaîné avec de nombreuses disciplines relatives au vol libre... Naturellement, il a testé le saut à l'élastique!

Pendant des années, Cédric Braconnier a taquiné le cuir sur les carrés vert, mode offensif avec, pour mission, de catapulter le ballon au fond des filets.


En 2011, il commet ses premières infidélités au plancher des vaches, épousant un vieux rêve : celui de s'envoyer en l'air. Depuis, du parachutisme au speedriding, il a expérimenté quelques-unes des disciplines les plus exigeantes des sports extrêmes. Rencontre avec un "Brac" pas si dingue.
Sur l'une de ses dernières vidéo, on le voit tenter un décollage dans la poudreuse ; sur une autre, il essaie d'atterrir entre les poteaux d'un but de rugby, stade du Sauvay : à chaque sortie, Cédric se lance de nouveaux défis, une audace stupéfiante pour un sportif dont l'histoire d'amour pour le vol libre ne date que de trois ans : « Le parachutisme m'attirait depuis de très nombreuses années, relate-t-il, sans que je ne puisse passer à l'acte. En 2011, j'ai suivi une formation de 5 jours à Aix-Les-Bains. Après 7 sauts coachés, je suis devenu autonome ».
Le début d'une belle aventure avec le ciel et ses courants. Au parachutisme, Cédric combine le parapente, la mini voile et le speedriding : «  Cette discipline se résume à des évolutions rapprochées avec les reliefs. Elle procure plus de sensations : on se dit souvent que l'on est passé fin, mais passé tout de même, que l'on a effleuré l'arbre, mais sans l'accrocher ».
L'expression d'une certaine inconscience ? Au contraire, Cédric sait parfaitement les risques qu'il encourt et la menace qui pèse sur ses vols : «  Le but n'est pas de provoquer le danger assure Cédric, mais de l'anticiper pour ne vivre que l'excitation qui l'accompagne. Je ne suis pas une tête brûlée, ces gens-là ne font généralement pas de vieux os. Cette discipline, aussi impressionnante soit-elle, demande du temps, de la préparation, il faut repérer, calculer, ça ne s'improvise pas ! »
Il mesure ses limites
Il regrette, à ce titre, l'interprétation réductrice que peuvent se faire les amateurs de sensations fortes à la lecture des vidéos postées sur le net : « Souvent tournées par des pros, elles offrent un spectacle ébouriffant : ce que beaucoup ignorent, c'est qu'elles ont été minutieusement élaborées ». S'il connaît son potentiel, Cédric mesure ses limites aussi : la semaine passée, il a renoncé au dernier moment à passer entre les poteaux de rugby pour éviter l'accident, ce sera pour la prochaine fois : « Le saut de falaise me tente bien, je ne peux pas dire le contraire, mais cela ne constitue pas un graal, je sauterai une fois que je sentirai le moment venu. Dans cette discipline, ce n'est pas une jambe que tu risques de te casser, mais la vie que tu peux perdre ».
Or la vie, ce papa y tient : « Cette passion est un truc perso que j'aime partager mais sur lequel je n'engagerai ni mon existence, ni celle des autres, encore moins pour une vidéo ». Car Cédric n'est pas dupe, pour exister dans ce petit monde, la médiatisation de ses exploits est essentielle : ce sport coûte cher et l'idéal pour ceux qui le pratiquent est de trouver des sponsors susceptibles de payer le matériel et défrayer les déplacements : « J'aimerai bien fonctionner ainsi, admet-il, mais je ne prendrai pas les risques qu'encourent certains pour décrocher des contrats ! » Grâce à la pratique, Cédric ne cesse de progresser dans la maîtrise de ses sauts, une expérience qui n'exclut pas le sentiment de peur : «  La semaine passée, je n'étais pas serein en sautant de la Belle Étoile. J'étais brassé dans tous les sens, ce fut très complexe de redresser techniquement la voile » Il y est arrivé, revenant sur terre gavé d'adrénaline et de belles images, plein d'un bonheur et d'un plaisir qu'il avait hâte de reconquérir au prochain week-end de libre !

JOHAN FABIN

Journal La Savoie
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