Albertville

jeudi 22.01.2015, 14:00

Réunion avec le préfet suite au samedi noir : trop beau pour être vrai...

Nul besoin d'en rajouter, la journée du 27 décembre 2014 restera pour la vie locale, une catastrophe sans précédent.

Au pays des montagnes, de la neige et du ski... Face à des chutes de neige particulièrement abondantes en très peu de temps, les problèmes de circulation se sont accumulés, la mise en route et en place du plan d'hébergement d'urgence s'est avéré un ratage complet, l'accès aux stations s'est soldé par une perte économique démesurée.
Montré du doigt et de la voix, l'État, en la personne du préfet Éric Jalon et de la sous-préfète d'Albertville, a réuni jeudi 15  janvier, les élus du secteur Arlysère, première réunion du genre qui devrait être suivie d'autres avec les élus des autres secteurs, pour effectuer un bilan de cette journée hors normes et en tirer les améliorations nécessaires.
Alors qu'elle avait été annoncée, dans un premier temps, en présence de la presse, elle se sera déroulée sans. Comprenne qui pourra... et la montagne a accouché d'une souris... La communication de la préfecture parle d'emblée d'une réunion « retour d'expérience, pour construire et améliorer l'action sur le terrain ». Louable intention qui, si les élus présents, comme le dit Franck Lombard, « sont restés polis » (voir ci-dessous la réaction virulente du maire d'Ugine), n'a pas été du goût de ces édiles locaux vivement et durablement marqués par le samedi noir.
Les réactions des élus ont été entendues, « une faute collective » a été reconnue et la rencontre s'est poursuivie sur le détail des points d'amélioration à apporter.

Améliorations à venir...
Améliorer l'information aux élus, définir précisément la pré-alerte au plan d'hébergement d'urgence, « précisément là où nous avons été mal compris », souligne le chargé de communication de la préfecture, améliorer le déploiement du plan d'hébergement d'urgence.
Sur le terrain, pour concrétiser ces axes d'actions, « un poste de commandement dédié sera organisé par secteur, avec un téléphone directement en lien avec la cellule de crise, le PC Osiris. Faire en sorte de faciliter les liens entre les services » , ponctue la préfecture. Des lignes dédiées aux communes seront ouvertes pour ces périodes de crise, « pour ne pas perdre d'appels, comme cela a pu être le cas et pour que les lignes existantes, ne soient pas noyées sous les appels ».
Les conditions de départ et de circulation devraient être fixées : chaînes, pneus à neige... «  Notamment pour les retours », assure le représentant de l'Etat. Le problème n'était-il pas essentiellement à l'aller ?
Oui, mais auquel cas, ne faudrait-il pas que le gouvernement prenne une loi imposant à toutes les voitures le port des pneus neige, comme c'est le cas dans de nombreux pays européens ?
Une mission d'inspection du ministère de l'Intérieur va s'établir pour traiter des questions de circulation. Concernant le plan d'urgence, le soutien aux communes sera renforcé et la liste des communes concernées sera établie. Il faudra aussi « améliorer les messages sur les autoroutes, sur les routes et notamment mettre des messages en anglais. Comme il faudra renforcer l'information à destinations des professionnels, cars et poids-lourds. ». Une harmonisation des calendriers de vacances est une hypothèse qui devrait être travaillée au niveau européen. A suivre donc.
L. M.

Journal La Savoie
Franck Lombard, à l'image de ses collègues, ne décolère pas : « On n'a pas dû vivre le même jour ! »

Depuis le 27 décembre le maire d'Ugine ne cache pas son énervement face aux manquements de l'État lors de cette journée de neige si mal gérée. Au lendemain de la réunion avec le préfet, Franck Lombard, et il se fait le porte-voix de ses homologues maires des autres communes de l'arrondissement d'Albertville, n'a pas perdu une once de sa virulence. Propos choisis.
« Certes, on reconnaît ses erreurs, mais on laisse entendre qu'on ne peut pas faire autrement... » . Le ton est donné et le maire ne s'arrête plus. « On n'a pas dû vivre le même jour, dans les mêmes fuseaux horaires, et on n'a pas eu la même météo ! » Ils sont restés polis devant l'État, mais cela n'ira pas plus loin, « On nous a assez baladés, maintenant ça suffit ! Cela a été, il faut clairement le dire, un défaut de commandement et d'organisation ! ». « Nous, les élus d'Arlysère et de Tarentaise-Vanoise, on est décidé à s'organiser par nous-mêmes. Et ce dès samedi 17 janvier. Nous n'attendrons pas la réunion de la commission, la semaine prochaine ! » C'est clair et sans appel : « On est en capacité de prendre les décisions sans attendre l'État. On ne peut plus admettre qu'une journée de ce type se reproduise » D'autant plus fort, incontournable à ses yeux, quand Franck Lombard lâche des chiffres impressionnants sur les potentielles pertes économiques d'une telle affaire. « C'est tout simplement une journée de perte, sans doute et même si c'est difficile à appréhender et s'il faudra pondérer les chiffres avec les moyennes des années précédentes, de plus de 8 millions d'euros ! Sans compter qu'on va envoyer à la préfecture les factures acquittées par les communes. La préfecture nous a promis de faire la démarche de les porter au ministère afin qu'elles soient prises en charge !
 ».
Il revient sur le déroulement de la catastrophe routière : « Avec les informations que nous avions depuis plusieurs jours, le vendredi soir, veille du 27, l'alerte n'aurait pas dû être orange, mais rouge ! On savait que ça ne passerait pas !
Et on a, par habitude, continué à penser que ça passerait bien... »
Ne cédant pas un pouce, il poursuit : « On aurait dû fermer les routes, nettoyer et au lieu d'entasser les voitures sur les voies, on retenait dans les communes, on accueillait, hébergeait et réchauffait pour laisser repartir dans de bonnes conditions ».
Et il conclut : « On va se débrouiller ! On ira jusqu'à couper les routes s'il le faut.
On va inviter pompiers et gendarmes de nos secteurs pour se coordonner et on sera prêts dès samedi 17 janvier. Et surtout pour les vacances de février.
On est désormais sur le qui-vive. »
C'est définitif, les élus n'attendront plus après l'État.
L.
 M.


Martine Berthet : « la réunion s'est bien déroulée, mais... »

Moins vitupérante que Franck Lombard, Martine Berthet la maire d'Albertville, cité très affectée par cette journée de neige difficilement gérée, et notamment au niveau de l'organisation du plan d'hébergement d'urgence, n'en exprime pas moins, à distance du rendez-vous, un désaccord et la décision de se débrouiller localement. « La réunion a eu lieu dans le calme, mais nous avons dit notre désaccord. Désaccord en particulier avec le déroulement de la journée, le phasage horaire de la préfecture. Phasage qui n'était pas du tout le nôtre, pas celui de la réalité  ! Nous avons activé le plan d'hébergement d'urgence dès 15 h 15, alors que la première annonce du préfet date, elle, de 16 h 45. » Ceci dit, la maire, a pris le parti « d'aller de l'avant ». Pas tout à fait au rythme escompté par la préfecture. « Nous allons avancer, oui, mais tout de suite ! Dès ce week-end, ou tout au moins pour les vacances de février. Nous voulons immédiatement nous organiser et au niveau local ! » Elle explique qu'au niveau de Coral « une coordination a été mise en place. Parce que c'est justement la coordination entre les communes qui a été difficile le 27 décembre. Les informations ont eu du mal à circuler. Essentiellement du fait du dysfonctionnement du standard de la préfecture. Sans compter que les gendarmes n'avaient pas non plus les informations... » Directement pour Albertville la maire souhaite voir différentes améliorations intervenir. « Dès l'état de pré-alerte, je souhaite que plus de monde soit prêt à intervenir. Associations, bénévoles, services... Nous mettrons aussi en alerte les grandes surfaces, nous informerons les commerçants pour l'accueil. Je souhaite une mobilisation plus conséquente et plus efficace. Nous n'allons pas attendre l'hiver prochain pour que tout soit en état de fonctionner, qu'on soit en mesure d'accueillir ceux qui veulent rester là ! J'attends aussi plus de rigueur et de contrôle des professionnels : cars, poids lourds. » Concernant la signalisation des possibilités et lieux d'hébergement dans la ville, Martine Berthet reconnaît là une faiblesse, elle va mettre l'accent « sur la signalisation. On va numéroter les lieux d'hébergement ; ce sera plus simple pour ceux qui ne parlent pas français. On va les indiquer par un fléchage. Le point d'entrée de toute l'organisation sera la mairie et on va renforcer notre accueil téléphonique. »
L. M.


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