Albertville

jeudi 29.01.2015, 14:00

Ils n'en peuvent plus de la boîte de nuit

Le Silverkriss rencontre un beau succès auprès de la population du bassin et même au-delà. Le problème, c'est que l'activité nocturne qu'elle génère a un impact fort sur le voisinage. Le Silverkriss rencontre un beau succès auprès de la population du bassin et même au-delà. Le problème, c'est que l'activité nocturne qu'elle génère a un impact fort sur le voisinage.

Deux heures du mat ce samedi soir. Un boum boum sourd fend l'espace aérien de la plaine d'Albertville et dans la nuit glacée, quelques rires éclatent.

Bien que distant de quelques centaines de mètres des maisons, le SilverKriss est complètement enclavé dans la Plaine d'Albertville, et cette proximité bruyante, certains habitants ne peuvent déjà plus la souffrir. Ils dénoncent des nuisances qui, craignent-ils, ne pourront qu'empirer avec les beaux jours.
Catastrophique!» Laurence ne mâche pas ses mots dès que l'on met le dossier discothèque sur la table. Maman de deux enfants, elle révèle avoir alerté à plusieurs reprises les autorités à propos des nuisances provoquées par l'établissement nocturne : «  J'ai déposé une main courante à la police, appelé les gendarmes, informé la mairie. Le week-end dernier, c'était l'horreur. Du jeudi au dimanche, il n'y a pas une soirée où nous n'avons pas été importunés par la musique » Objective, elle tempère : « Mais ce n'est pas le cas tous les week-ends, parfois nous n'entendons rien, cela doit dépendre des thèmes des soirées ».
Au demeurant, il a fallu que la famille calque son rythme sur celui de la boîte. Pour les parents, c'est bouchons d'oreilles... et les enfants «  on fait en sorte de les coucher tôt pour qu'ils ne soient pas perturbés par le bruit ». Laurence s'inquiète pour cet été et pointe du doigt certaines nuisances récurrentes comme les sorties de boîte : « Cris, portes qui claquent, c'est folklorique depuis que le SilverKriss a ouvert ».
Une de ses voisines est moins virulente, elle témoigne ne pas être dérangée la nuit. « Je dors fenêtres et volets clos... C'est cet été que ça risque d'être plus problématique ». En revanche, même si elle n'en fait pas grand cas, elle souligne que les sorties de boîte sont bruyantes : « Ce week-end, j'ai été réveillée par des cris, je me suis demandée ce qui se passait  ». « Oui, confirme une autre riveraine, ce sont des portes qui claquent, des gens qui parlent fort, la musique que l'on entend et la saleté : sur certains parkings, il n'est pas rare de trouver bouteilles et papiers abandonnés  ».
Colette sort d'un séjour de deux mois à l'hôpital. Le sujet de la discothèque est encore abstrait pour elle. Par contre, elle regrette le choix consenti d'avoir implanté le bâtiment ici : « C'est en rase campagne qu'il fallait le réaliser, ça n'aurait gêné personne !
 » Victimes de nombreux actes d'incivilité ces dernières années, dont une grave agression à son domicile. « Ils m'ont maintenu la tête sous un coussin pendant qu'ils dérobaient ce que j'avais de plus précieux », Colette espère que le Silverkriss n'ajoutera pas de l'insécurité à celle qui sévit déjà.

« On demandera une fermeture administrative »
Pierre habite au delà le supermarché et l'école, pourtant, il entend la musique... et pire, subit toutes les nuisances connexes : «  C'est des cris, des rires, des voitures qui démarrent en trombe. Certains matins, on retrouve du verre brisé sur la chaussée ou devant l'école. Il va falloir que l'établissement revoit sa sonorisation aussi, sinon, on demandera une fermeture administrative au préfet ou à la maire ».
Cynique, il lâche « je remercie vivement Philippe Masure d'avoir permis cette implantation ».
« C'est vrai, conclut cette riveraine, que ce n'était pas l'idée du siècle d'avoir choisi ce quartier. On subit déjà suffisamment de désagréments pour que l'on nous rajoute le bruit... sans compter l'insécurité : au nouvel an, un homme a tout de même fait feu sur l'établissement ! » La création répondait à une attente de la jeunesse et s'inscrivait dans le développement de l'économie locale ; manifestement, il faudra sans doute prendre quelques mesures pour que la boîte de nuit s'intègre à la vie de quartier et ne soit plus une source de désagréments.

JOHAN FABIN

Journal La Savoie
Le SilverKriss affirme être aux normes

Jackie Roux comme la mairie ont été avisées à de nombreuses reprises « de l'enfer » que vivent certains riverains : « Pour prendre la mesure du problème, explique l'adjointe au commerce et aux animations, Martine Berthet m'a demandé d'expérimenter une soirée à proximité de la boîte de nuit. J'y suis allée une première fois entre 23 h et minuit sans noter de bruit particulier. À 1 h 30 du matin, c'est vrai qu'il s'échappait de l'établissement un rythme saccadé  ».
L'élue a également inspecté les trottoirs un lendemain d'ouverture sans avoir noté de saleté particulière : « Mais c'est vrai, admet-elle, qu'on m'a signalé ce problème à plusieurs reprises ».
Martine Berthet est tout à fait consciente de la situation : « L'idée de construire une boîte de nuit au milieu des maisons n'était pas des plus judicieuses et nous subissons aujourd'hui cette situation. Nous ferons cependant de notre mieux pour assurer la quiétude du quartier  ». Comment ? « J'ai d'abord rappelé au propriétaire les obligations qui étaient siennes de respecter les normes sur le bruit lié à la gestion de ce type d'établissement. C'est vrai que j'ai reçu beaucoup de plaintes sur le sujet : j'ai averti la sous-préfecture, la police, et un contrôle sera effectué sur les volumes. Une fois que nous en connaîtrons les résultats, nous pourrons agir ».

Le SilverKriss dit faire le nécessaire
Contacté, le responsable du SilverKriss s'exprime. « Nous avons fait le nécessaire à la construction de la boîte, au niveau acoustique. On est aux normes. Un rapport a été établi par ceux qui sont venus traiter ces questions. Rapport qui a été transmis à la mairie et à la préfecture. » Alors, il lui paraît « difficile d'entendre la musique à l'extérieur.
Il y a un limiteur de son sur les enceintes de la boîte. Où nous sommes, on n'a pas le droit à plus de 92 décibels. Si on dépasse ce seuil, le limiteur coupe automatiquement le son. Les normes européennes sont à 105 décibels, mais comme nous avons une habitation assez proche, on est plus restreint ».
Concernant l'ouverture de la porte, il indique : « Elle ne s'ouvre que pour laisser entrer et sortir les gens. Elle se ferme automatiquement et les vigiles veillent à cette fermeture ».
Qu'est-ce qui, selon lui, fait que les gens vivant autour de la boîte se plaignent de nuisances ?
« Je pense que les gens ne veulent pas d'une boîte de nuit à Albertville. Pourtant, je crée des emplois, de l'animation et de l'activité économique. Je fais tout pour que ça se passe bien. J'ai beaucoup investi pour les questions acoustiques, c'est en règle. Il y a deux portiers et un voiturier depuis l'ouverture qui sont chargés, à l'extérieur, de faire partir les gens doucement. Des caméras surveillent le parking.
On a fait le maximum pour que les choses se passent au mieux. On a un appareil alcootest à la sortie et on incite les gens à mesurer leur taux d'alcool.
Pour les saletés, on a une entreprise de nettoyage qui assure la propreté de la boîte et des abords. Aucune personne ne peut sortir de la boîte avec des bouteilles, c'est contrôlé et strictement interdit
 ».

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