Albertville

jeudi 29.01.2015, 14:00

« C'est devenu très banal de tuer »

Le portrait de Philippe Collier placé en souvenir dans la bijouterie de la rue de la République. Ses meurtriers courent toujours. Son épouse cherchait depuis sa mort comment agir, elle a eu cette idée de prison à vie stricte tant dans la peine que dans le Le portrait de Philippe Collier placé en souvenir dans la bijouterie de la rue de la République. Ses meurtriers courent toujours. Son épouse cherchait depuis sa mort comment agir, elle a eu cette idée de prison à vie stricte tant dans la peine que dans le

Catherine, l'épouse de Philippe Collier, le bijoutier assassiné en mars 2013 à Albertville, a écrit une lettre ouverte demandant des peines de prison à vie pour les assassins.

Elle propose un projet de loi destiné à ne plus permettre de remise de peine pour les meurtres, viols, agressions d'enfants, etc. Et à prévoir une incarcération sans contact avec l'extérieur, ni parloir, ni téléphone portable, ni télévision.
Vous avez écrit une lettre ouverte et lancé une pétition, quel objectif poursuivez-vous ?
Catherine Collier : Pour faire bouger les choses et surtout les hommes politiques qu'ils soient de tout bord.
Votre mari a été tué, il y a bientôt deux ans, pourquoi cette proposition de loi maintenant ?
Ce n'est pas de maintenant que ça mûrit. Ça date de l'assassinat de Philippe. Si jamais un jour on les arrête, ils auront un temps de prison qu'ils ne feront jamais.
Pensez-vous vraiment que si on les arrêtait, ils auraient de la prison à vie ?
Je ne fais pas cela pour moi, mais pour tous ceux qui vont venir après nous et qui auraient peut-être envie d'une peine comme celle-ci. Ceux qui assassinent vont peut-être avoir 10 ans, ressortiront et on ne les reverra jamais. Nous, ils nous détruisent, notre vie est détruite. En prison, on l'a vu, ils ont droit à tout, à la télé, au téléphone... Ils sont dans une prison ou dans un trois étoiles ? Il y a beaucoup de gens qui pensent comme nous, qui nous en parlent au magasin.
Vous êtes toujours en colère ?
Après qui ? Après ceux qui ont assassiné Philippe ? (long silence) Franchement, ce n'est pas de la colère, c'est du dégoût. On ne nous prend pas en compte. Lui tout seul qui a été flingué dans son petit quartier... Est-ce que cela veut dire que vous trouver que l'enquête n'avance pas ?
L'enquête, on ne sait pas, on n'est pas au courant de ce qui s'est passé depuis un an. Depuis octobre 2014, on demande un rendez-vous avec le juge qui s'occupe du dossier de Philippe. On nous a répondu que le juge d'instruction avait changé. On n'était pas au courant. On pourrait nous en informer, nous envoyer une lettre. On nous a dit que le nouveau juge prendrait connaissance du dossier et qu'on nous rappellerait.
La pétition que vous avez lancée la semaine dernière à l'appui de votre lettre ouverte a déjà reçu près de 500 signatures. Quel objectif en nombre de soutien souhaitez-vous atteindre ?
Il faut que le maximum de gens puisse la signer pour que l'on puisse faire avancer les choses.
Que voulez vous dire ? Que les peines à vie ne sont pas appliquées ou que l'on ne condamne pas assez les auteurs de crime ?
Je pense que l'on ne condamne pas assez les fautifs. Ils ont le droit de ressortir et de recommencer. Mais, à quel titre ?
Un procès n'aurait-il pas atténué votre peine ?
Non pourquoi ? (long silence) Ils ont enlevé un papa à des enfants, un fils à ses parents et à moi, ils m'ont enlevé mon mari. Il n'y a pas eu de procès. Ils lui ont lâchement tiré dans le dos alors qu'il se mettait à terre. Il se mettait à leur merci.
Il n'y a pas de place pour la rédemption, le pardon ?
Je ne peux pas dire ce que je leur demanderais, je ne les ai pas en face de moi. Ce n'est pas d'actualité. Et puis, ce serait à mes enfants et à mes beaux-parents qu'ils devraient demander pardon.
Est-ce que la délinquance a évolué, que l'on tue plus facilement ?
Oui. Et des peines de prison plus strictes peuvent être dissuasives. Les prisons, elles se videraient très vite. Ils y réfléchiraient peut-être à deux fois avant de commettre des tels actes. C'est devenu très banal de tuer.
Certains demandent le rétablissement de la peine de mort. Vous non, pourquoi ?
Philippe était catholique pratiquant. On ne tue pas. C'est une différence importante à mes yeux.
Après la lettre ouverte, qu'envisagez-vous de faire si rien ne se passe ?
Il faut que ça bouge, que ça change. Nos hommes politiques, il faut qu'ils commencent à prendre conscience que nous le petit peuple, nous avons notre mot à dire. Le referendum, c'est une façon de s'exprimer et de nous entendre. Si moi à ma petite échelle, je peux faire bouger un peu les choses.

ENTRETIEN REALISE
VIRGINIE PASCASE


Lettre ouverte et pétition sur philippe-collier.fr

Journal La Savoie
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