Albertville

jeudi 05.02.2015, 14:00

La nuit albertvilloise reprend du poil de la bête

Pour le patron de l'Anecdote, dont le bar est à Gilly à l'écart du centre-ville d'Albertville, «C'est fini le temps où le taulier attendait les gens derrière le bar. Maintenant, il faut aller chercher le client». Le P'tit bar (photo) bénéficie plus de l'a Pour le patron de l'Anecdote, dont le bar est à Gilly à l'écart du centre-ville d'Albertville, «C'est fini le temps où le taulier attendait les gens derrière le bar. Maintenant, il faut aller chercher le client». Le P'tit bar (photo) bénéficie plus de l'a

Albertville a-t-elle une vie nocturne ? À chaque fois que l'on en parle c'est pour évoquer les nuisances sonores dont se plaignent les riverains.


Pourtant, sortir le soir et le week-end fait partie de toute vie urbaine et de l'attractivité d'une ville.
Quand on se promène dans le centre d'Albertville, le soir venu après que les magasins soient fermés : la ville semble morte. Et il suffit d'interroger les internautes pour que cette impression soit confirmée. Les "il n'y a rien à faire", "il n'y a pas d'animations" pleuvent. Seules quelques voix se lèvent pour souligner que pour "c'est aussi aux gens de se bouger". Chacun se souvient de l'ancien P'tit bar offrant bon nombre d'animations le soir qui, malheureusement, ne rencontraient pas leur public. « Les gens disent qu'il ne se passe rien et quand il se passe quelque chose, ils ne viennent pas. Ils vont à Grenoble Annecy, Chambéry », regrette Fabien Dimastro-Matteo, le patron de l'Anecdote à Gilly.

Pas de vie étudiante
« Albertville n'est pas une ville étudiante, souligne Christophe le propriétaire du Barrock.
C'est une ville de travailleurs ».
Sous-entendu pas étonnant que pendant la semaine, la ville ne bouge pas tellement. « À Chambéry, on a une cité étudiante, ils sont moteurs pour créer de la vie. Nous, on n'a pas de vie étudiante  », observe Fabien Dimastro-Matteo. Pourtant, il y a plusieurs BTS sur la cité olympique, des Bac + 2 qui ne demandent qu'à sortir.
La preuve. « Le SylverKriss, ça a révolutionné les choses, s'enthousiasme une jeune élève en BTS du lycée Jeanne d'Arc. On peut sortir sans la voiture. Avant on allait chez des copains ou sur Annecy ou au bowling pour boire un verre ». La nouvelle boîte de nuit de la zone du Chiriac organise en plus des soirées étudiantes le jeudi. « Tous les samedis soirs au SilverKriss, il y a environ 1000 personnes. Preuve que la ville n'est pas si morte que cela et que les jeunes ont envie de bouger. Bien souvent la population n'est pas au courant de ce qui se passe dans sa propre ville et le découvre dans un article la semaine suivante... », note Gildas Delpiero un internaute sur les réseaux sociaux.

Des bars dispersés
Outre le défaut de communication, c'est la question de la lisibilité de l'animation existante qui se pose. Les trois bars qui proposent des concerts, des soirées à thème ne sont pas localisés dans le centre d'Albertville : le Barrock est sur les hauteurs de Conflans, l'Anecdote à Gilly et seul le P'tit bar est dans le centre mais un peu à l'écart au bout de la rue de la République. Sans compter que la discothèque est également en périphérie. Aucun de ces lieux n'est proche l'un de l'autre et susceptible de créer une synergie, une ambiance vivante en centre-ville. D'ailleurs, les riverains du coeur d'Albertville n'en veulent pas. « Le problème, c'est les gens et la ville. Interdiction de mettre des scènes dehors pour la musique. Lors d'organisation d'événements comme le Beaujolais nouveau, dès qu'il y a un peu de bruit, les voisins appellent les flics et se plaignent », regrette Margaux Savouè une internaute sur les réseaux sociaux. Par le fait, il existe peu d'animations mises en place par la ville. Il y a eu une tentative lors de la piétonnisation de la rue de la République cet été et à Noël dont plusieurs internautes soulignent l'intérêt. Patricia Patbib y voit même le signe d'un changement futur.

Du nouveau avec l'ouverture
de la boîte de nuit

En attendant, ce qui existe fonctionne plutôt bien. Les trois bars qui ferment sur les coups d'une heure trente le samedi (le Barrock, le P'tit bar et l'Anecdote) ne se plaignent pas de leur sort. « Le Barrock, c'est toujours plein » , lâche son patron. « Tous les week-ends, il y a quelque chose, un DJ, un concert, un karaoké. Les gens sont habitués, ça fait 5 ans qu'on est ici. On refuse du monde le week-end », avoue Fabien Dimastro-Matteo. Mais, ce dernier le reconnaît proposer des animations coûte cher. « Un petit troquet d'Abertville, s'il investit 300 euros dans un concert, il faut qu'il fasse 1 000 euros de recettes sur la soirée ». Le P'tit bar ne propose d'ailleurs un concert ou une soirée à thème qu'une fois toutes les semaines. Pourtant, Antony, un des trois gérants admet « que c'est tout le temps plein, qu'il y ait une soirée ou pas. On a une clientèle fidèle ». Après, les gens vont au SylverKriss. «  C'est peut-être quelque chose qui va dynamiser les bars d'avant soirée sur Albertville, poursuit le jeune patron.
Il y a des jeunes qui allaient sur Chambéry et qui maintenant vont au Sylver. Cette boîte, c'est 1000 personnes. Si tous les samedis soirs ils remplissent, ça fait du monde ».
Les choses sont peut-être en train de changer sur la ville olympique à condition que les habitants acceptent qu'il y ait une vie nocturne et que cela puisse provoquer un peu de bruit.

VIRGINIE PASCASE

Journal La Savoie
Réagissez sur Facebook

Vos réactions

Pour réagir à cet article :

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez
Default page


Audaxis, l'esprit libre
Audaxis - L'esprit Libre

14, rue du Sec Arembault
59002 Lille Cedex
lasavoie.fr
Le site de La Savoie