Albertville

jeudi 19.02.2015, 14:00

Le CHU, une main tendue pour éviter la chute

Les personnels de la Sasson ont offert aux représentants de l'Etat et à Madame le maire d'Albertville une visite du CHU. S'ils n'ont pas caché les difficultés du métier, ils ont montré enthousiasme et motivation. Les personnels de la Sasson ont offert aux représentants de l'Etat et à Madame le maire d'Albertville une visite du CHU. S'ils n'ont pas caché les difficultés du métier, ils ont montré enthousiasme et motivation.

Chaque année, le préfet de Savoie sillonne le département pour s'assurer de l'efficacité du plan grand froid. A Albertville, il a visité le centre d'hébergement d'urgence.

L'occasion d'apprécier le travail de la Sasson (association savoyarde d'accueil des secours et d'orientation) et de commenter une problématique locale ayant suscité grand bruit l'an passé : en fermant le site en journée, l'Etat mettait sur le trottoir plusieurs familles.
Les enfants batifolent sans se soucier de l'étrange délégation bardée de cravates, appareils photos et caméras. Sous la conduite de Nacer ZeraIbi, responsables des CHU du département, Martine Berthet, représentants et techniciens de l'Etat s'initient au fonctionnement des lieux : ici on accueille dans l'urgence : personnes en errance, familles en partance, des êtres sans attache, parfois sans patrie. Un jour, 5, plus sûrement des mois pour certains. Même si ce n'est pas le droit ni l'endroit.
Riad Rehahlia est coordinateur du site albertvillois, il ne fait pas dans la langue de bois et le reconnaît : c'est compliqué de composer avec la barrière des langues, les différences confessionnelles, culturelles : « Hier soir, la situation a été très tendue avec une personne, mais c'est à l'image de notre quotidien, il y a des périodes calmes, d'autres mouvementées. Avec l'expérience, nous avons appris à gérer au mieux toutes les différences ».
L'année dernière, une vive polémique avait animé sa structure : l'Etat avait choisi de fermer l'accueil de jour, précipitant dans la rue dès 8 h 30 les familles. Inhumain ? « Non, logique, réplique Didier Mamis, directeur départemental de la cohésion sociale. Ici, on assure de la mise à l'abri, de l'accueil pour une à cinq nuits : les usagers n'ont pas vocation à rester ad vitam eternam. Si nous avons distancié d'un kilomètre l'accueil de jour de celui de nuit, c'est qu'il n'est pas question de placer les gens dans une logique d'installation. Ce système les incite à prendre leur vie en main, à rencontrer des travailleurs sociaux qui tiennent des permanences à l'accueil de jour. On essaie de gérer les situations le plus humainement possible, en respectant la dignité de nos interlocuteurs  ».
Eric Jalon, le préfet, n'a pas dit autre chose à un ressortissant albanais qui l'a apostrophé sur sa situation. Débouté de sa demande de papier, il séjourne depuis plusieurs mois au CHU d'Albertville avec femme et enfants. Une situation délicate qu'il préfère pourtant à un retour au pays. «  Quand on a épuisé toutes les possibilités, lui expliqua Eric Jalon, il faut se résoudre à repartir en utilisant les aides que l'on peut mettre à votre disposition. Nous sommes tous conscients que votre situation n'est pas facile, mais la loi française est ainsi faite et je suis chargé de l'appliquer. Vous êtes arrivé au bout de ce que vous pouvez attendre de la France come terre d'accueil ».

« Vous êtes arrivés au bout
de ce que vous pouvez attendre de la France »

L'homme conserva son sourire et le remercia pour sa réponse... mais on sentait bien que cet espoir d'être français, aussi minime soit-il, il désirait farouchement s'y accrocher... Constitué de 7 chambres d'une capacité de 4 personnes chacune, le centre est financé à 100 % par l'Etat qui en a confié la gestion à la Sasson : «  C'est une affaire qui roule, assura Nacer ZeraIbi au préfet, avec des équipes mobilisées, dynamiques et à l'écoute ».
Et ce malgré les difficultés et la misère.
J. F.

Journal La Savoie
Plan froid en Savoie : les chiffres

261, c'est le nombre de places complémentaires ouvertes cet hiver en Savoie pour le plan froid.
1116, c'est le nombre de personnes admises l'année dernière durant la période hivernale.
320 000 c'est, en euros, le coût annuel pour l'Etat du plan froid en Savoie.
2 338, c'est le nombre de places accessibles toute l'année dans le dispositif d'accueil et d'hébergement savoyard.

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