Savoie

jeudi 01.05.2014, 14:00

Pays de Savoie : une filière maraîchère en pleine mutation

Les maraîchers des Pays de Savoie peuvent aujourd'hui se réjouir. Les conditions météorologiques de ce début d'année leur ont permis de bien commencer 2014, année que d'aucuns qualifient d'ores et déjà d'excellente.


Et il y en avait bien besoin : « 2013 a été une année désastreuse pour cette filière », témoigne ainsi Florent Michez, spécialiste du secteur au sein de la Chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc. « La production maraîchère a été la plus touchée de toutes l'an dernier. Même sous serres, cela ne fonctionnait pas en raison de la météo, surtout avec un automne froid et humide. » Pour autant, si « la clientèle s'est ruée sur les légumes de printemps », l'abondance de produits a eu une contrepartie : « Quand il y a beaucoup d'offres, logiquement les prix ne sont pas très élevés. »
220 exploitations
De quoi une nouvelle fois inciter la filière à poursuivre sa mutation, engagée timidement depuis quelque temps maintenant. Avec 220 exploitations, dont 90 en Savoie et 130 en Haute-Savoie, qui exploitent environ 500 hectares, les maraîchers des Pays de Savoie sont en effet aujourd'hui à la croisée des chemins. « Déjà, nous observons les difficultés qu'éprouvent les grandes exploitations à être transmises. Il y a un vrai problème de pérennité sur cette filière, alors qu'à l'inverse beaucoup de nouveaux projets émergent chaque année mais sur un hectare ou un hectare et demi », note encore Florent Michez. Alors que la Chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc préconise au contraire « de plus grandes exploitations, plus mécanisées et qui se spécialiseraient dans quatre ou cinq légumes différents au maximum ».
Car aujourd'hui, le tableau dressé de la filière maraîchère des Pays de Savoie est éloquent : « Si les rendements sont éminemment variables d'un mode de production à l'autre, globalement la production totale représente 15 000 tonnes par an, soit moins de 10 % des besoins de consommation de légumes des deux Savoie », diagnostique Florent Michez, qui prône également « des circuits de vente plus pointus ».
« La demande est bien là, notamment du côté de la restauration collective, où elle est en forte augmentation. Nous avons bien le marché, mais pas forcément l'outil de production nécessaire pour le satisfaire. » Difficile, de plus, dans ce contexte, de lutter contre les importations, notamment d'Espagne et d'Italie, où les coûts de production sont moindres, voire en provenance d'autres bassins de productions français.
Autre problème auquel la filière doit faire face : « Les systèmes d'exploitation périurbains subissent 5 % d'emprise foncière chaque année. Il manque 25 %, en moyenne, de surface pour rétablir l'équilibre. »
CYRIL BELLIVIER

Journal La Savoie
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