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jeudi 16.10.2014, 14:00

Earl Jone conte la vie à plein dents

Assis au coin d'un feu, dans un refuge ou dans un appartement, Earl Jones captive avec son costume aux accents andins et son décor (une boîte, un billet de loterie nationale...) qu'il découvre tel un illusionniste au fur et à mesure de son récit inspiré d Assis au coin d'un feu, dans un refuge ou dans un appartement, Earl Jones captive avec son costume aux accents andins et son décor (une boîte, un billet de loterie nationale...) qu'il découvre tel un illusionniste au fur et à mesure de son récit inspiré d

L'imaginaire a une grande place dans l'univers de ses contes et de sa vie qu'il déroule comme une de ses histoires. Mais, d'une certaine manière, ses récits sont aussi des histoires vraies.

Earl Jone, de son nom de scène ou d'intérieur puisqu'il se produit dans des endroits feutrés et intimistes, prend ses racines dans la nature, qu'il distille dans ses contes avec la précision du connaisseur.

Au coeur de la nature
et de la vie

Chaque détail de ses récits naturalistes est vérifié et véridique. La couleur du ramage, du pelage d'un animal, son cri, l'étage de la végétation où il vit... C'est ainsi que dans "L'oiseau aux 16 000 couleurs", l'air de rien, il nous dépeint toutes les caractéristiques physiques du gypaète barbu. Une façon de nous apprendre à respecter la nature, la vie et espère-t-il l'homme. « On ne peut pas respecter un être humain si on n'est pas capable de respecter un animal », revendique- t-il.
Cet esprit libre et créatif n'est pas un militant de l'écologie frontal. Il dilue son amour de la vie dans ses contes, discrètement. Avant d'être un combat, c'est une fibre. Tout jeune déjà, il était toujours dehors, dans la nature. « Je n'étais pas très sociable, on m'appelait la verdure » , confie l'auteur de 55 ans. C'est d'ailleurs, grâce à cette passion qu'il commence à parcourir le monde, à la recherche d'une espèce qu'il ne connaît pas, à 15 ans à peine.
Le bac en poche, il ne s'éternise pas sur les bancs de l'école. « J'étais majeur, je travaillais déjà à l'âge de 16 ans, j'avais gagné de l'argent. Je voulais être vivant et rencontrer du monde ». Passé 17 ans, il s'intéresse en effet à l'homme. Après avoir travaillé au Canada dans une société d'exploitation de la Baie de Saint-James, il s'aperçoit que les espaces qu'il détruit pour construire des barrages ne sont pas vierges. C'est le déclic. Il continuera à voyager pour rencontrer des gens, muni de rien d'autre qu'un billet d'avion, prêt à l'aventure.
Un matériau qui vient nourrir son imaginaire déjà fertile. Tout petit, il s'inventait des origines, son grand-père était de l'Assistance publique. Tour à tour viking, corsaire, américain (d'où son nom de conteur). Il s'inspire de la tradition orale de civilisations proches de la nature et l'aménage pour écrire des histoires qui ont un ancrage local. « Je connais bien le lieu où je me trouve. J'essaye de parler de la réalité » , confie le quinquagénaire. D'ailleurs, pour lui, il importe que son auditoire ait appris des choses, en histoire, en protection de la nature, en connaissance des espèces en l'écoutant.

« L imiter les impacts de la vie »
Ce nordiste d'origine travaille pour le parc national de la Vanoise depuis 11 ans. C'est là qu'il a commencé à développer son activité de conteur.
« C'était une bonne façon d'expliquer aux enfants », avoue ce pédagogue hors pair. Raconter des histoires est encore une occasion de faire des rencontres. Car pour cet homme un brin idéaliste, « il va être plus difficile de faire que les gens entrent en guerre les uns contre les autres quand ils se connaissent ».
Avec ses histoires, ils essayent « de limiter les impacts de la vie ». D'ailleurs, son premier public est sa petite-fille Lou, à qui il livre tout ce qu'il écrit. Il invente beaucoup de contes pour sa famille au gré de la vie et de ses difficultés (l'école, la mort... tout y passe). Pas étonnant que ses petites histoires collent à la vie. D'ailleurs, le personnage le plus méchant de ses récits n'est ni un loup, ni un ogre, mais un banquier.

VIRGINIE PASCASE

Earl Jones propose des prestations à domicile et si besoin à façon. Il a édité Le Carnet Malin d'Au Baudet Malin, 40 pages. Information et contact sur sont site internet : : www.earlandjones.weebly.com

Journal La Savoie
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