Savoie

jeudi 06.11.2014, 14:00

Philippe Pichot : « Aux 1650 soldats en Tarentaise morts pour la France ! »

Philippe Pichot parle d'un temps qui fut extrêmement meurtrier en Tarentaise. Philippe Pichot parle d'un temps qui fut extrêmement meurtrier en Tarentaise.

Philippe Pichot, natif de Bourg-Saint-Maurice, n'est pas vraiment n'importe qui. Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble, Titulaire d'un DESS en aménagement touristique et d'un mastère en marketing.

Il est également expert auprès de l'Unesco sur les sites et lieux de mémoire liés à la traite négrière, ainsi que membre du comité national pour la mémoire de l'Histoire de l'esclavage.
Des engagements très singuliers pour ce Tarin d'origine qui en disent long sur son implication morale et publique, et dont la modestie est particulièrement recommandable, lorsque l'on touche à des domaines historiques aussi sensibles. Spécialiste des conflits militaires en Tarentaise, c'est tout récemment qu'il est venu présenter à la médiathèque, son dernier ouvrage intitulé, "Tarentaise 1914-1918", aux 1 650 soldats de Tarentaise morts pour la France. Un titre particulièrement sobre qui n'en demeure pas moins évocateur de l'implication de nos vallées dans le conflit le plus sanglant et meurtrier de l'histoire de l'humanité. Dans son ouvrage, Phlippe Pichot, révèle dans un premier temps, « que la Tarentaise en 1914, ne recélait que peu d'industries, et rares y étaient les ouvriers spécialisés qui pour une grande part étaient exemptés et mobilisés dans les industries d'armement nécessaires à la défense nationale ». Néanmoins, les unités militaires savoyardes, notamment le 97e RIA, le 297e RIA, le 13e BCA, le 53e BCA, le 22e BCA, pour ne citer qu'eux, « furent très fortement engagés en 1914 et 1915, dans les attaques sanglantes d'Alsace, des Vosges et de la Somme avec un pourcentage, durant cette période, supérieur aux moyennes nationales » .
D'ailleurs, au sortir de la guerre, le bilan pour la région sera très lourd, avec ses 376 tués pour le canton de Bourg-Saint-Maurice, 246, pour celui de Bozel, 535 pour le canton de Moûtiers. En clair, des pertes terribles pour la Tarentaise. « Des plus des 7 000 Tarins qui furent mobilisés, plus de 1 639 ne revinrent jamais et plus de 3 000 furent blessés. » « Du 3 août 1914 au 11 novembre 1918, soit pendant 51 mois et 1 562 jours, ce fut un Tarin qui chaque jour tombait au champ d'honneur. » Ainsi «  le sort frappa presque toutes les familles et s'acharna sur certaines. Il est rare de trouver un village, où il n'y a pas eu deux frères tués, voire plus  ». Une population en effet décimée au nom de la France, qui nous permet de dire : « Plus jamais çà !
 »
.

J.-L. F.


Journal La Savoie
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