Savoie

jeudi 13.11.2014, 14:00

Jean Nerva ou l'histoire d'un challenger hors du commun !

Jean Nerva, après bien des affres de santé, consacre son énergie à la cause de Shadesoflove. Jean Nerva, après bien des affres de santé, consacre son énergie à la cause de Shadesoflove.

Jean Nerva c'est toujours et incontestablement l'idole des jeunes skieurs. « Voilà juste un petit mot pour savoir ce que devient ce grand bonhomme qui m'a fait rêver toute une partie de mon adolescence ».

Nône. Il suffit de parcourir le web pour s'apercevoir que ce grand champion de snowboard, continue de faire rêver. Et que son nom est durablement inscrit dans la mémoire collective, avec de nombreux titres mondiaux à la clé.
Deux fois champions du monde en 1988, et 1990. Jean Nerva, l'avoue lui-même, « j'ai eu la chance de bosser pour deux grandes marques qui m'ont soutenu et qui m'ont propulsé ». Une chance en effet, pour l'ancien champion qui toutefois souhaite rester modeste. Car en réalité la chance ne sourit qu'à quelques-uns dans un milieu sportif, où les places sont chères. Tour à tour, réalisateur, acteur ou producteur, il tourne deux films en 1989, aux côtés de Peter Bauer, et en 1996, son film culte, "le Jouet", qui met fin en quelque sorte à sa carrière. Mais, Jean Nerva, battant par excellence, se reconvertit très rapidement dans la presse. Il exerce le métier de journaliste, pour divers magazines ou quotidiens de renommée. Également musicien, Jean Nerva a toujours fait preuve d'un grand humanisme à l'égard de son entourage. Il connaît les vraies valeurs de la vie. Lui n'en rajoute pas ! Et pourtant un matin de la fin de l'année 2011, Jean est terrassé par un mal étrange, qui le casse net dans son élan. Trois ans de lutte et de cauchemar, pour l'ancien champion.
La descente aux enfers « Un matin, je me réveille avec un voile vert localisé sur un oeil. » Un choc pour Jean, qui ignore de ce dont il est atteint, avec une dégradation quotidienne de la vue. Six mois plus tard, il perd un oeil. Le second oeil à son tour est attaqué. La situation semble grave. Six mois d'aveuglement durant lesquels Jean voit sa vie complètement basculer. « La nuit, je faisais des cauchemars terrifiants, je hurlais. » Et de rajouter, « ma vue est tombée à un point où je ne voyais plus les gens, sans pouvoir, ni lire, ni écrire ». L'horreur en somme !
Le pronostic vital est engagé « Le professeur qui me suivait m'a clairement signifié que j'étais atteint d'une maladie très grave, un cancer des globules blancs localisés dans les yeux. » Le pronostic vital est alors engagé. Jean est au bord du gouffre, mais il décide de se battre. Il entame un lourd protocole de chimiothérapie qu'il supporte plutôt bien. Là encore la chance est au rendez-vous, la maladie est stoppée.
« Durant cette période sombre, je marchais beaucoup, je faisais aussi du vélo, comme je le pouvais, mon entourage m'a beaucoup aidé. »
Un voyage en Inde
Jean Nerva a entendu parler des médecines douces. Il décide alors de partir en Inde, leur berceau en quelque sorte, pour tester une médecine dénommée, ayurvedic ou ayurveda, « qui est une forme de médecine traditionnelle principalement originaire de l'Inde, qui puise sa source dans le Véda, un ensemble de textes sacrés de l'Inde Antique ». C'est durant une première période de trois semaines qu'il fait donc l'approche de cette forme de médecine, un traitement à base de plantes, accompagné d'une approche globale de l'homme. « Le personnel soignant m'a aidé à sortir d'une pensée par trop occidentale, alors que je luttais finalement contre un dinosaure. Ils m'ont appris à me lâcher. » Et de poursuivre, « Ce que vous vivez est insupportable pour un être humain, m'ont-ils affirmé. Il faut vous en remettre au Dieu Suprême. Car vous n'êtes pas responsables de ce qui vous arrive. » Jean Nerva a bien compris le message, il accepte volontiers de s'en remettre aux conseils de ses médecins.

L'étape de la reconstruction
Jean Nerva ne ressort évidemment pas psychologiquement indemne de cette expérience douloureuse de sa vie. Un accompagnement thérapeutique s'avère nécessaire afin de repartir à zéro en quelque sorte. Il fait appel à une psychologue de Hong Gong. « Elle m'a appris à pratiquer le comportementalisme, plus tu souffres, moins il faut le faire voir aux autres. Et surtout toujours se montrer positif. » Pari gagné, Jean Nerva, après plusieurs mois de "descente aux enfers", fait peau neuve. Il est de nouveau sur les rails, au grand bonheur de sa femme Mylène, et de ses amis proches.

S'engager pour la cause
Il affirme que la maladie a changé sa perception du monde. Et malgré des séquelles toujours visibles, notre champion, s'investit désormais dans l'humanitaire aux côtés de Jürgen Altman le fondateur de l'association "Shadesoflove", avec pour objectif « d'amener des lunettes aux habitants du Ladakh. » Une cause noble en effet, pour quelqu'un qui sait que perdre la vue, constitue un handicap majeur. « Je me suis servi de mon important réseau pour collecter plus de 1 500 paires de lunettes. Je me retrouve désormais pleinement dans cette nouvelle aventure. Je vais la poursuivre. » Alors comment ne pas souhaiter bonne chance, à Jean Nerva, dont la bonté d'âme et de coeur, ne peut que ravir ses fans !

JEAN-LUC FAVRE

Contact : www.shadesoflove.org

Journal La Savoie
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