Savoie

jeudi 11.12.2014, 14:00

Les Caves Carret Frère changent de mains mais pas d'esprit !

Sébastien Toursel n'entend pas révolutionner l'institution dans le fond. Par contre, dans la forme, outre son savoir-faire, il apporte 400 nouvelles références! Sébastien Toursel n'entend pas révolutionner l'institution dans le fond. Par contre, dans la forme, outre son savoir-faire, il apporte 400 nouvelles références!

C'est une petite révolution qui prend forme au sein de l'économie locale. Les caves Carret Frères, véritable institution, changent de propriétaire : Sébastien Toursel prend le relais d'Yves et Deny avec la ferme intention de préserver la réputation qualitative de l'enseigne tout en enrichissant la marque de 400 nouveaux produits.

Rencontre avec un amoureux du vin et des artisans qui le fabriquent.
Sébastien Toursel, une petite présentation ?
Sébastien de trois garçons, je suis né à Lille d'une maman infirmière et enseignante et d'un père pédiatre. J'ai fait l'école Supérieure de Commerce à Rouen et suis arrivé en Savoie en 2000 pour m'occuper de produits industriels à Vétrotex. C'est mon frère, restaurateur à Sainte-Foy-en-Tarentaise, qui m'a incité à rejoindre le département en décrivant ses journées de ski. En 2005, l'idée d'une reconversion s'est matérialisée dans nos esprits et avec mon frère, nous espérions créer une entreprise alliant la fabrication du vin à la restauration et l'hébergement. Nous avons beaucoup rêvé, visité de belles choses, mais malheureusement, nous n'étions jamais prêts au même moment. J'avais 38 ans, il fallait que j'avance, alors j'ai créé mon propre commerce à Chambéry : "Plaisirs du vin", une enseigne formidable qui propose 2 000 produits pointus avec en amont une recherche constante de la qualité et de l'authenticité. Dans la foulée, j'ai co organisé la biennale des vins de montagne avec l'ambition de réunion le meilleur des vins : 1/3 venant de Savoie, 1/3 des autres massifs et 1/3 des montagnes étrangères.
Pourquoi vous intéresser aux Caves Carret ?
À un moment, je me suis posé la question du développement de l'entreprise... or quand on travaille en Savoie, les stations arrivent vite à l'esprit. L'objectif, c'était d'amener des bons vins au pied des pistes ; j'ai rencontré Yves Carret qui entretenait cet état d'esprit et vendait justement son affaire. Nous nous sommes mis d'accord au mois d'avril dernier. Tourner avec Yves m'a conforté dans l'idée de sérieux et de qualité que je me faisais de son outil de travail.
Les Caves Carret, c'est une institution, sacrée responsabilité que d'assurer la poursuite des activités !
Le défi est clair, mais enthousiasmant : aux 250 vins actuels, je combine 400 nouveaux produits et mon enthousiasme à les promouvoir. Mon expérience et ma dynamique combinée aux bases solides que les Frères Carret ont réussi à élaborer devraient me permettre d'inscrire l'enseigne dans les décennies à venir. Il n'est pas question pour moi de tout bousculer, je vais conserver avant toute chose le nom Caves Carret Frères car je suis très sensible à l'histoire des gens et des sociétés.
Vous êtes passé de la vente de produits industriels à celle du vin... pourquoi ?
Le rapport à la terre qui symbolise cette profession est formidable. C'est un véritable plaisir que de dénicher des pépites, de rencontrer des gens qui conçoivent leur métier comme un art et font du travail des vignes et en chais l'essentiel de leurs activités. Ils ont besoin de nous pour les valoriser et nous avons besoin d'eux pour proposer aux professionnels les meilleurs vins possibles. Et puis, j'aime la profondeur et la complexité du vin, c'est un univers dont on n'a jamais fait tout le tour, un produit culturel qui passe par le cerveau et les tripes ! J'aime dire que je suis un impresario des vignerons !
Quel est votre état d'esprit ?
Dans mon métier, je n'essaie pas de construire un musée ou une salle des trophées, mais un lieu vivant où gravitent vignerons et vignobles en devenir. Je veux trouver des professionnels qui croient en leur vin et défendent son authenticité, la manière artisanale de le fabriquer. Pour moi, un grand vin, c'est cette authenticité panachée à la classe. Il est important que les restaurateurs avec lesquels je travaille perçoivent cette démarche pour qu'à leur tour ils aient envie de promouvoir leurs bouteilles avec autant d'ardeur que leur cuisine.
Et le vin de Savoie, dans tout ça, il a sa place ?
Il n'a cessé de progresser et n'a pas à rougir de ses qualités. Il doit encore se décomplexer pour exister sur la scène nationale et dépasser les préjugés qui le confinent à la table des skieurs. Une mondeuse rivalise sans problème avec un Saint-Joseph !

Entretien réalisé par

JOHAN FABIN

Journal La Savoie
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