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jeudi 15.01.2015, 14:00

Yves Paccalet : "Eloge des mangeurs d'hommes !"

Yves Paccalet dénonce une nouvelle fois une humanité destructrice qui entraîne la planète vers sa destruction. Yves Paccalet dénonce une nouvelle fois une humanité destructrice qui entraîne la planète vers sa destruction.

"Loups, ours, requins... Sauvons-les !" C'est un peu un plaidoyer que nous offre cette fois-ci, Yves Paccalet, philosophe, naturaliste, mais plus connu comme le "bras droit" du Commandant Cousteau pendant de longues années.

Auteur de plus de soixante-dix ouvrages, dont le célèbre "L'humanité disparaîtra, bon débarras !" principalement dédiés à la défense de l'environnement sous toutes ses formes, militant inconditionnel de la préservation des écosystèmes au sein des nombreuses responsabilités qu'il a exercées et qu'il exerce encore, Yves Paccalet tout au long de sa carrière n'a jamais mâché ses mots et encore moins baissé les bras, chaque fois que la planète s'est trouvée menacée, arguant d'un discours toujours très persuasif, tant sur le plan local, national qu' international.

L'homme un animal violent
Dans ce nouveau livre très accessible, « on peut le lire à partir de douze ans » Yves Paccalet rend en quelque sorte hommage à trois espèces menacées, vivant sur le territoire français, en malmenant les idées reçues, en posant des questions subtiles sur le mode non seulement de l'argumentation théorique, mais également au détour des contes et légendes, qui perdurent de générations en générations et parfois insidieusement enseignés aux enfants, en faisant naître des peurs inutiles.
Dans ce sens Yves Paccalet rétablit des vérités. Pourquoi en effet mentir sur des sujets sur lesquels les connaissances sont souvent avancées. Mais, il est vrai que le besoin des hommes de s'inventer de fausses histoires semble dans bien des cas plus fort que la réalité. À tel point qu'il en résulte de vains malentendus qui finissent par empester la planète. Il n'empêche que de l'avis de cet éminent spécialiste, « toutes ces espèces sont sur la liste des animaux en voie de disparition. Ils sont constamment menacés et fatalement au bord de l'extinction » . Et de poursuivre, « la plupart des animaux considèrent que l'homme est un grand animal, ce que j'essaie de montrer à travers différents exemples. La faim n'est d'ailleurs pas toujours un alibi en ce qui les concerne. Ils réagissent souvent de manière défensive, dès lors que l'on porte atteinte à leur territoire. Car l'homme partout où il passe est chaque fois plus menaçant. Et lorsqu'il pénètre dans des territoires qui sont souvent antérieurs à notre apparition, il adopte la plupart du temps des conduites de menace ». De ce point de vue, l'homme n'en demeure pas moins, à bien des égards, qu'un animal supérieur, et souvent violent, et qui oublie trop souvent qu'il n'est pas seul sur terre.
« L'homme cet obsessionnel assassin de lui-même ! »
Plus de morts que les requins
En d'autres termes, l'homme est un loup pour l'homme s'apparente plus à une réalité historique maintes fois démontrée, qu'à un simple concours de circonstances, qui contredirait les faits. « La réalité est assez différente », surenchérit Yves Paccalet, en interrogeant le contraire de l'absurde. Les espèces animales qui font le plus de morts chaque année, ne sont pas forcément celles que l'on croit. Et d'énumérer par exemple, insectes, mouches et autres moustiques peu glorieux, sans oublier les serpents qui pullulent sur la surface de la terre « qui pourraient figurer sur le podium de l'horreur », en transmettant des maladies mortelles, on songe évidemment au plus connues d'entre elles, le sida, et plus récemment encore Ebola, dont les causes, sont désormais mieux appréhendées d'un point de vue scientifique. Mais mieux encore, Yves Paccalet nous rappelle, « que la pollution de l'air cause 7  millions de morts par an, le tabac, 6 millions, les accidents de la route, 1,3 million. Les guerres de 450 000 à 500 000. Les crimes de sang, plus de 200 000, et nos malheureux requins à peine plus de 10 ».
Et encore, l'homme est souvent indirectement responsable des attaques provoquées par ce noble animal. D'où l'intérêt urgent d'écouter la planète, telle que nous devrions l'entendre pour le futur, en comprenant, une bonne fois pour toutes, que l'homme n'est en aucun cas, le dieu tout puissant qu'il souhaiterait pourtant être, au risque presque évident de disparaître à son tour sans même s'en rendre compte.

JEAN-LUC FAVRE

Journal La Savoie
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