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Carrière universitaire

Né en 1957, Denis Varaschin est professeur d'histoire contemporaine depuis 1999 et en poste à l'université de Savoie (Chambéry) depuis 2007. Vice-président du conseil d'administration de l'université de Savoie de juin 2008 à janvier 2012, il a également siégé au conseil d'administration du PRES Université de Grenoble de juillet 2010 à janvier 2012. Directeur du centre de recherche “Milieux économiques, modernisation et intégration européenne” de 1999 à 2007, délégué scientifique coordinateur auprès de l'AERES, expert auprès de l'ANR et du CNRS, ses travaux de recherche portent sur l'histoire et le patrimoine de l'énergie, et d'abord sur celui de l'électricité.

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Denis Varaschin : « L'université de Savoie devrait passer la barre des 12 500 étudiants »

Denis Varaschin, président de l’université de Savoie depuis avril dernier Denis Varaschin, président de l’université de Savoie depuis avril dernier

Président de l'université de Savoie depuis avril dernier, Denis Varaschin évoque les dossiers d'actualité de l'établissement d'enseignement supérieur savoyard (dont, évidemment, la prochaine rentrée), et sa place dans le concert régional et international.


Pour commencer, comment se présente cette rentrée 2012 ?



Je serais tenté de dire qu'elle se présente bien ! La façon la plus classique d'aborder cette question concerne les effectifs. Et sur ce sujet, nous ne pouvons qu'être satisfaits avec une croissance de plus de 13 % de nos étudiants inscrits à fin août, par rapport à 2011. Cela en première année, ce qui reste le repère le plus significatif. Notre développement se poursuit donc ; il est évidemment lié à la dynamique générale de nos territoires, tant au plan démographique qu'économique. Nous devrions passer la barre des 12 500 étudiants, toutes filières confondues.

Quelles sont les principales nouveautés ?

En interne, on peut citer l'évolution de l'offre de formations, avec par exemple un nouveau département à l'IUT de Chambéry consacré à la liaison énergie/bâtiment. Plus généralement, et cette nouvelle offre en est un exemple, nous avons mis l'accent sur la modernisation de notre carte des formations.

En externe, comme l'ensemble des universités du pays, nous préparons les assises nationales, qui commenceront par une phase territoriale durant la première quinzaine d'octobre. Fin novembre, nous débattrons à l'échelon national et des propositions concrètes seront remises au ministère. Nous attendons les premières décisions pour le printemps 2013. C'est un immense chantier qui s'ouvre, sur plusieurs mois.

Chaque année, la polémique naît sur les tarifs “illégaux” de certaines universités. Qu'en est-il pour celle de Savoie ?

Nous ne sommes pas dans ce classement qui, effectivement, revient à la Une de façon périodique. Nous n'y sommes pas pour une raison très simple : l'université de Savoie respecte scrupuleusement les textes, les règlements. En dépit, malgré tout, d'un budget qui reste délicat à gérer.

Justement, en termes de budget, quel est le profil de l'université de Savoie ? On a évoqué à un moment une possible mise sous tutelle de l'établissement.

Il est exact que les années 2009 et 2010 ont été déficitaires. Mais nous n'avons jamais été placés sous tutelle. Pour autant, notre situation reste fragile. A l'instar de nos collègues. Il faut savoir qu'à travers le pays, tous les pôles universitaires ont connu une forte croissance de leurs charges. On peut y voir une conséquence de la réforme dite de l'autonomie des universités. Celle de Savoie a sans doute été plus concernée que les autres par ce nouveau système. A cela, une explication : relativement récente, elle est moins bien dotée que d'autres, comparativement.

Une deuxième explication peut être formulée concernant la fragilité de notre budget : comme je vous l'ai dit, nous nous inscrivons dans un territoire dynamique. Ce qui entraîne une croissance constante du nombre d'étudiants que nous accueillons. Mais, face à cela, nos dotations n'augmentent pas en conséquence. Notre situation est comparable à celle d'autres services publics : je pense par exemple à la santé. Et puis nous sommes confrontés au fameux GVT, le glissement vieillesse technicité : l'État, dans ce cadre, prend des mesures de revalorisation des salaires, mais il ne les finance pas.

L'ensemble de ce problème sera d'ailleurs l'un des grands thèmes qui sera abordé lors des prochaines assises territoriales et nationales de l'université.

Concrètement, quel est le montant de votre budget et qui le finance ?

Nous sommes sur un budget initial de 100 millions d'euros qui doit atteindre au final 110 millions d'euros.

Le financement provient de l'État, des frais d'inscription et des collectivités territoriales. Nous pouvons, dans ce dernier cadre, citer l'Assemblée des Pays de Savoie, qui intervient surtout dans la recherche, et la Région, plus présente dans le domaine de la vie étudiante, de l'attribution de bourses. A ce sujet, il faut souligner les deux nouveaux bâtiments que nous avons réalisés : Elios, au Bourget-du-Lac, consacré à la recherche sur l'énergie solaire; et la Maison de la mécatronique à Annecy-le-Vieux. Ils concrétisent la première phase du plan de modernisation de nos campus.

Vous souhaitez un “esprit d'ouverture” avec les pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) de Lyon et Grenoble. Comment cela peut-il se traduire ?

La spécificité de l'université de Savoie est de faire partie d'un ensemble régional, que l'on nomme le sillon alpin, mais qui n'est pas exclusif en ce qui nous concerne : nous sommes en effet à une situation charnière entre les pôles de Lyon, Grenoble, effectivement, mais aussi de Genève et de Turin. Nous ne pouvons pas nier cette réalité.

Pour revenir à votre question, nous sommes membres fondateurs du PRES de Grenoble. Et nous voulons continuer à y travailler. Lors de leur création, il était prévu que les PRES évoluent vers la fusion des pôles qui le constituent ou un système fédéral les rassemblant. Je peux vous dire que nous défendons la seconde solution ! Nous sommes, dans ce cadre, pour l'émergence d'un “nouvel établissement” qui devra partir de la base, et sera fondé sur un projet. Il permettra alors la mutualisation des moyens des différents pôles universitaires, tout en conservant leur identité propre et en leur offrant une plus forte visibilité. Nous sommes, dans ce contexte, favorables à une carte de formation à l'échelon régional.

Mais nous devons aussi prendre en compte notre particularité d'université charnière avec l'Italie et la Suisse : et il y a beaucoup de choses à faire. Je pense à Archamps, où nous pourrions développer un secteur santé ; ou Annecy-le-Vieux pour les formations juridiques ou en langues ; ou encore Annecy où une formation de Sciences-Po Grenoble a été ouverte sans concertation avec nous. Je pense aussi à Annemasse où, étant donné la proximité avec Genève, il y a également beaucoup à faire.

Il faut savoir, enfin, que l'université de Savoie ne capte que 30 à 40 % des bacheliers des deux départements. C'est insuffisant. Il faut que nous développions notre offre.

Dans cette évolution, certains craignent une “dilution” de l'université de Savoie dans un pôle régional. Qu'avez-vous à leur répondre ?

C'est une crainte liée à un processus fusionnel, dont nous ne voulons pas. Nous devons rester sur notre territoire, avec notre spécificité - dont la pluridisciplinarité- conserver notre statut, défendre notre proximité et nos forces, dont la qualité de notre recherche : je dois rappeler que 15 de nos 19 laboratoires sont classés A ou A +, soit les meilleures notes. Mais nous devons travailler en concertation avec les autres universités de la région, de Suisse et d'Italie. Je pense que ce message commence à passer, qu'il est de mieux en mieux compris.

Le conseil général de Haute-Savoie, notamment, a affirmé vouloir être associé aux grandes orientations de l'université. Qu'en pensez-vous ?

C'est l'une des tâches prioritaires fixées par la nouvelle équipe : recréer des liens étroits avec l'ensemble de nos partenaires institutionnels. Jusqu'ici, les restructurations entreprises l'ont été dans un esprit, disons “fermé”. Nous devons au contraire, à mon sens, travailler en concertation avec nos partenaires. Je souhaite, en outre, développer ce sens du dialogue en interne, en association étroite avec les trois collèges -administration, vie étudiante, recherche- pour les impliquer dans les décisions qui seront à prendre dans les prochains mois.

Vous souhaitez également développer des “logiques internationales de haut niveau”. Sur le terrain, quelles peuvent être les conséquences de cette volonté ?

C'est une question importante. On parle beaucoup de PRES transfrontaliers, mais force est de constater qu'ils ont du mal à émerger. Là aussi, je suis pour le pragmatisme : nous devons être dans le concret, en travaillant avec nos partenaires étrangers, en nous appuyant sur ce que nous faisons déjà ensemble. Nous devons en fait jouer sur nos différences qui, à mes yeux, sont en réalité des complémentarités. Par exemple, la Suisse est plus forte que nous dans ce qui concerne la formation continue, mais est à la peine pour les VAE (validation des acquis de l'expérience). Nous pouvons très bien envisager un partenariat où chacun s'y retrouverait. Il faut partir du terrain pour construire quelque chose de durable et de stable sur le long terme.

Vous devez rencontrer prochainement Thierry Repentin, ministre délégué à la Formation professionnelle et à l'apprentissage, et Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur. Qu'allez-vous leur dire ?

Je veux leur faire part du dynamisme de notre université. Qui est réel, on l'a vu. Mais je vais aussi leur demander des moyens : nous pourrions faire beaucoup mieux avec plus de moyens, humains tout d'abord. Tant en personnel d'encadrement que d'enseignement. C'est un gage de réussite pour l'ensemble de notre territoire et, au-delà, du pays.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CYRIL BELLIVIER

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